Klimt · 1913 · rêve, corps et cercle

La Vierge de Klimt six femmes dans une composition circulaire

La Vierge, ou Die Jungfrau, est l’un des grands tableaux tardifs de Gustav Klimt. Sous une surface presque florale, six corps féminins se nouent autour d’une jeune fille endormie : le désir devient rêve, le sommeil devient théâtre intérieur, et la composition tourne comme une roue de tissus, de peau et de couleurs.

Gustav Klimt, La Vierge, 1913, National Gallery Prague
Gustav Klimt, Die Jungfrau / La Vierge, 1913, huile sur toile, National Gallery Prague, Veletržní palác.
1913Date de l’œuvre
190 × 200cm environ
O 4152Inventaire NGP
1914Achat par la galerie moderne

La réponse courte

Un rêve féminin transformé en spirale de couleur

La Vierge de Klimt est une huile sur toile peinte en 1913 et conservée à la National Gallery Prague. Le tableau appartient à la période tardive de l’artiste, après les grands portraits dorés : l’or n’a pas disparu, mais la couleur devient plus libre, plus acide, plus florale.

Au centre, une jeune femme dort. Autour d’elle, plusieurs corps féminins s’enroulent, s’emboîtent et semblent naître les uns des autres. La scène n’est pas une narration religieuse au sens strict : c’est une image du passage, de l’éveil, de la sensualité, de la jeunesse et de la transformation.

La force du tableau vient de sa composition presque circulaire. Klimt ne peint pas six femmes comme dans un groupe posé. Il les transforme en mouvement rotatif : robes, bras, cheveux et chairs forment une seule masse vivante, comme un rêve qui prend corps.

I · Composition circulaire

Un cercle de sommeil, de désir et de métamorphose

La composition de La Vierge repose sur un paradoxe : le tableau est presque carré, mais tout y tourne. Les figures ne s’alignent pas ; elles s’enroulent.

Centre

La jeune fille endormie

La figure centrale n’agit pas. Son sommeil ouvre l’espace du rêve : autour d’elle, le tableau semble représenter ce qui se passe intérieurement.

Rotation

Une roue de corps

Les corps féminins ne forment pas une frise horizontale. Ils s’organisent en courbe, comme si le désir avait une force centrifuge.

Fusion

Peau et tissu se mêlent

Les limites entre vêtements, fleurs, jambes et bras restent volontairement ambiguës. La figure devient décor, et le décor devient corps.

Rêve

Une scène sans sol

Il n’y a presque pas d’espace réaliste. Klimt supprime le sol pour laisser flotter les figures dans une profondeur mentale.

II · Six femmes

Pourquoi parler de six femmes ?

Le tableau est souvent lu comme un ensemble de six corps féminins autour de la figure principale. Mais Klimt brouille volontairement le comptage : les corps se recouvrent, se cachent, changent d’orientation.

Élément Ce qu’on voit Ce que cela produit
La dormeuse Une jeune femme allongée, les yeux clos, tête rejetée vers l’arrière. Elle donne le ton : l’image est un rêve plus qu’une scène extérieure.
Les corps autour Des femmes nues ou partiellement couvertes, enlacées dans le cercle. Elles représentent moins des personnages séparés que des états du féminin : attente, abandon, sensualité, passage.
Les robes Des tissus saturés de motifs, fleurs, pois, spirales et aplats. Le vêtement ne cache pas seulement le corps : il le prolonge et le transforme.
Le cercle Une masse colorée qui tourne autour du centre. Le regard revient toujours au sommeil de la vierge, puis repart dans la ronde des corps.

Une “vierge” très klimtienne

Le titre ne doit pas être lu comme une simple image de pureté. Chez Klimt, la virginité devient un seuil : entre innocence et désir, sommeil et éveil, enfance et maturité.

III · Couleur

Après l’or : violet, rose, bleu et vert

Dans La Vierge, Klimt ne renonce pas à l’ornement, mais il le déplace. La période dorée laisse place à une couleur plus textile, plus florale, parfois presque expressionniste.

IV · Images et œuvres proches

Voir La Vierge dans le Klimt tardif

Ces images replacent le tableau dans une famille d’œuvres : dessins préparatoires, corps enlacés, sommeil, motifs textiles et sensualité décorative.

V · Où voir La Vierge ?

À la National Gallery Prague, au Veletržní palác

La National Gallery Prague conserve La Vierge sous le numéro d’inventaire O 4152, dans la collection d’art du XIXe siècle et de modernisme classique. Le tableau est lié au Veletržní palác, grand bâtiment moderne de Prague.

Boutique

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Questions fréquentes

Comprendre La Vierge de Klimt

Quand Klimt a-t-il peint La Vierge ?

Gustav Klimt peint La Vierge en 1913, dans sa période tardive.

Où se trouve La Vierge de Klimt ?

L’œuvre est conservée à la National Gallery Prague, au Veletržní palác, sous le numéro d’inventaire O 4152.

Pourquoi le tableau est-il circulaire ?

La composition tourne autour de la jeune femme endormie. Les corps, robes et motifs forment une spirale qui transforme la scène en rêve.

Y a-t-il vraiment six femmes ?

Le tableau est couramment lu comme un groupe de six corps féminins, mais Klimt brouille les limites entre les figures. Le comptage exact importe moins que leur fusion visuelle.

Le titre est-il religieux ?

Pas au sens d’une scène religieuse traditionnelle. La “vierge” désigne plutôt un seuil symbolique : jeunesse, sommeil, innocence, désir et transformation.

Quelle œuvre de la boutique relier à cet article ?

Le lien principal est Les Vierges, puis les collections Gustav Klimt, Art nouveau et Symbolisme.

Dans La Vierge, Klimt ne peint pas seulement des femmes : il peint le moment où le corps devient rêve.

La composition circulaire, les tissus, les couleurs et les figures enlacées font du tableau l’une des grandes visions tardives de Klimt.

Voir Les Vierges

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