Top 50 · Peinture canadienne

Du Groupe des Sept à Riopelle, cinquante peintres pour raconter le Canada

Paysages nordiques, modernités québécoises, abstraction, figuration et souverainetés autochtones.

La peinture canadienne ne se résume ni à un paysage sauvage ni à une seule école. Le Groupe des Sept construit dans les années 1920 une image puissante du territoire, mais Emily Carr, les artistes montréalais, les peintres de Beaver Hall, les Automatistes, les Plasticiens et les artistes autochtones déplacent constamment cette vision. Toronto, Montréal, Québec, Vancouver, Winnipeg et les communautés de tout le pays deviennent des foyers distincts. Ce classement croise influence historique, invention plastique, importance des œuvres, rôle pédagogique, représentation des différentes scènes et rayonnement international.

50 artistes documentésDu XIXe siècle à aujourd’huiSources muséales sélectionnées
50peintres classés
10familles artistiques
5chapitres de lecture
Édition 2026Jean-Paul Riopelle, figure majeure de la peinture canadienne
50
Un pays, plusieurs modernités

Territoire, couleur, mémoire, critique et souveraineté.

Le paysage comme manifeste

Tom Thomson et le Groupe des Sept inventent une image moderne du territoire

Thomson meurt avant la fondation du Groupe, mais ses esquisses d’Algonquin en deviennent le modèle d’énergie et de contact direct avec le motif. Harris, Jackson, MacDonald, Lismer, Varley, Carmichael, Casson, Holgate et FitzGerald développent ensuite des réponses très différentes : montagne réduite à l’essentiel, village, forêt en mouvement, portrait, aquarelle ou espace des Prairies. Leur influence est considérable, mais le classement évite d’en faire l’unique récit de l’art canadien.

Montréal et Québec

De Leduc et Borduas aux Automatistes et aux Plasticiens

À Saint-Hilaire, Ozias Leduc transmet à Borduas une discipline de la matière avant que celui-ci ne rompe avec le motif et ne signe le Refus global. Riopelle internationalise l’automatisme ; Pellan ouvre d’autres voies surréalistes ; Molinari, Tousignant et Letendre font ensuite de la couleur, de la série et de la vitesse les véritables sujets du tableau. Lemieux, Fortin, Gagnon et Dallaire prouvent parallèlement que la figuration québécoise reste tout aussi inventive.

Récits pluriels

Femmes peintres et artistes autochtones déplacent le centre du récit

Emily Carr, Prudence Heward, Helen McNicoll, Laura Muntz Lyall, Joyce Wieland, Betty Goodwin et Mary Pratt renouvellent paysage, portrait, abstraction et quotidien malgré des institutions longtemps inégales. Morrisseau et Odjig imposent des modernités anishinaabe autonomes ; Monkman retourne la grande peinture d’histoire contre ses récits coloniaux. Ces œuvres ne complètent pas une histoire déjà écrite : elles en modifient la structure.

Les figures essentielles

Top 10 — De Riopelle au Groupe des Sept

Abstraction lyrique, côte du Pacifique et grands paysages nordiques ouvrent le classement. Riopelle, Carr, Thomson et les membres les plus célèbres du Groupe imposent des langages immédiatement reconnaissables.

Groupes et ruptures

Rangs 11 à 20 — Des derniers membres du Groupe à la figuration moderne

Holgate et FitzGerald complètent l’histoire du Groupe des Sept. Borduas, Pellan, Lemieux, Colville et Kurelek déplacent ensuite la peinture vers l’automatisme, le surréalisme et des récits psychologiques.

Territoires de la modernité

Rangs 21 à 30 — Québec, Ontario et abstraction chromatique

Du modernisme cosmopolite de Morrice aux cibles de Tousignant, ce chapitre suit la transformation du paysage, de la scène rurale et de la couleur pure entre Montréal, Toronto et Paris.

Matière, récit et souveraineté

Rangs 31 à 40 — De Dallaire à Prudence Heward

Figuration fantastique, pratiques féministes, surfaces gravées et réalisme atlantique préparent la rencontre avec Morrisseau, Odjig et Monkman, qui renversent les récits coloniaux.

Fondations et transmissions

Rangs 41 à 50 — Beaver Hall, impressionnisme et pionniers

Peintres femmes, artistes de guerre et professeurs replacent la modernité dans une histoire longue. Ces trajectoires montrent comment académies, voyages et réseaux locaux ont préparé les ruptures du XXe siècle.

Sources et prolongements

Comparer les œuvres dans les collections publiques canadiennes

Les dates, mouvements et repères ont été recoupés avec les ressources des principales institutions du pays. Le Musée des beaux-arts du Canada conserve des ensembles majeurs du Groupe des Sept, de Carr et des modernités canadiennes ; la Collection McMichael approfondit le paysage historique ; le Musée national des beaux-arts du Québec et le Musée des beaux-arts de Montréal documentent les scènes québécoises ; l’Institut de l’art canadien publie des monographies accessibles et rigoureuses.

La peinture canadienne devient plus juste lorsqu’on la regarde au pluriel

Le Groupe des Sept reste essentiel parce qu’il transforme le paysage en langage moderne. Pourtant, Carr suit une voie distincte sur la côte du Pacifique ; Borduas et Riopelle font de Montréal un centre de l’abstraction ; Colville, Pratt et Kurelek révèlent la tension du quotidien ; Wieland, Goodwin et Heward déplacent les hiérarchies de sujet et de médium.

Morrisseau, Odjig et Monkman rendent enfin impossible l’ancien récit d’un territoire vide offert au regard colonial. Leurs œuvres affirment des histoires, des relations et des souverainetés déjà présentes. Ce Top 50 propose donc un parcours comparatif : non pas une identité unique, mais des images qui se répondent, se contestent et agrandissent le champ de l’art canadien.

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